L’urbanisme face aux délits financiers : La FCC et le Town Planners’ Council renforcent la vigilance des professionnels

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Moka, 30 avril 2026. La Financial Crimes Commission (FCC) et le Town Planners’ Council ont conjointement organisé un atelier de renforcement des capacités le jeudi 30 avril 2026 au siège de la FCC au Réduit Triangle. Objectif : comprendre les enjeux et renforcer les capacités des professionnels du secteur de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire dans la lutte contre la criminalité financière. Dans un contexte où Maurice met tout en œuvre pour renforcer son cadre législatif en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT), il est impératif que les fonctionnaires et professionnels du privé maîtrisent leurs obligations légales en matière de signalement, pour ne pas devenir complices par omission ou inaction.

Réunissant des urbanistes, techniciens des départements de planification et autres professionnels de l’aménagement du territoire affiliés aux secteur public et privé, cet atelier se proposait de leur doter d’outils concrets pour lutter contre la corruption. Les participants ont notamment pu en apprendre davantage en matière de d’identification de pratiques irrégulières telles que les pots-de-vin ou le trafic d’influence.

Pour cause, ce secteur d’activité, où les enjeux de développement sont majeurs et impliquent diverses parties prenantes (collectivités locales, acteurs de la construction et de l’habitat, ou encore de l’environnement) implique des enjeux financiers élevés. Les risques associés au secteur sont multiples, car les projets auxquels contribuent les professionnels de l’urbanisme reposent souvent sur un pouvoir discrétionnaire important dans la prise de décision, avec des interactions directes entre les autorités, les promoteurs, les entrepreneurs et les clients.

Certaines des décisions prises sont liées aux permis de construction et aux changements de zonage, et peuvent entraîner des variations significatives de la valeur foncière. La pression pour accélérer les approbations, couplée à la complexité des réglementations et à la technicité des choix à faire, renforce encore ces risques. Enfin, les attentes du public et les enjeux de réputation ajoutent une complexité supplémentaire à la gestion de ces projets.

En somme, ces pratiques provoquent la réalisation de projets non conformes ou dangereux, ainsi que la dégradation de l’environnement. Ils peuvent également entraîner une concurrence déloyale entre acteurs du secteur et exposer les parties concernées à des sanctions pénales et disciplinaires.

Présent à l’atelier, le Commissaire de la FCC, Me. Richard Rault, a souligné l’engagement de l’institution à instaurer une culture d’intégrité et de transparence dans les processus liés à l’urbanisme. « Maurice compte environ 65 urbanistes. Cependant, l’impact de votre travail a une portée significative. Vous influez sur les lieux où sont construits les appartements, où les entreprises opèrent, et aussi sur l’évolution de nos villes et de nos villages. Face à une telle responsabilité, il est essentiel pour vous d’avoir un jugement sans failles, une conduite professionnelle et éthique, ainsi que des mesures de protection solides contre toute forme de mauvaise pratique ou de crime financier », a-t-il déclaré.

D’autre part, la Chairperson du Town Planners Council, Mme Sareeta Issur-Suntah,a mis l’accent sur la mise en œuvre de standards élevés pour la profession : « Nos guides de planification ont été mis en place pour une raison précise. Ils assurent un développement juste et transparent de nos terres, tout en soutenant les communautés avoisinantes et l’économie. De ce fait, il est critique que nous fassions preuve de consistance. Nos décisions doivent systématiquement refléter les mêmes standards et la même rigueur, et ce peu importe l’identité du demandeur ».

Cet atelier a permis un échange enrichissant et constructif de connaissances et de points de vue entre professionnels du secteur. Ces derniers sont désormais mieux outillés pour reconnaître, résister et signaler toute tentative de crime financier ou de mauvaise pratique dans l’exercice de leurs fonctions.